World Urban Forum - Forum urbain mondialEnglish


« Tout cela est affaire de réseautage. Une ‘usine à paroles', disent certains, mais je considère plutôt le Forum comme un mécanisme qui permet de sensibiliser le public et d'obtenir des résultats », a déclaré Anna Tibaijuka, directrice exécutive d'ONU-HABITAT. La troisième session du Forum urbain mondial a constitué une réelle occasion de réseautage, comme le montre l'exemple de cette dirigeante d'un groupe de femmes victimes du tremblement de terre dévastateur de Yogyakarta, en Indonésie, qui s'est vu offrir des conseils sur l'aide aux sinistrés par un psychologue sri lankais ayant lui-même travaillé avec les victimes du tsunami; ou l'exemple de ce maire du Tchad qui a pu discuter avec le ministre du Logement de l'Afghanistan de la reconstruction de quartiers déchirés par la guerre.  

Au cours des 30 dernières années, on a assisté à une révolution des technologies qui peuvent être mises à profit pour créer des villes durables de façon transparente et démocratique. Le FUM3 a clairement démontré que les technologies favorisent la mise en commun des meilleures pratiques et des idées d'action. Ainsi, de nouveaux partenariats et de nouvelles communautés ont vu le jour et continueront d'influer sur l'avenir des villes.

Voici quelques-unes des nombreuses idées et approches considérées au FUM3 de Vancouver :

  • Les conférenciers et participants à de nombreux dialogues ont constaté qu'il ne suffit pas de parler. Lors du dialogue La forme des villes, les conférenciers ont ainsi mis en garde contre le gouffre qui sépare les paroles de l'action.

  • On a beaucoup insisté sur le concept de partenariat au Forum. Plus de 400 organismes ont donné l'exemple en s'associant pour organiser 163 séances de réseautage. Ces séances ont regroupé entre autres des gouvernements nationaux, des organismes communautaires et des administrations municipales.

  • Dans la situation actuelle, les partenariats publics-privés sont essentiels au développement durable des villes. Si elles n'obtiennent pas le soutien actif du secteur privé, les villes ne parviendront pas à satisfaire leurs besoins en matière d'infrastructures et de services essentiels. Certaines municipalités, comme Porto Allegre, au Brésil, ont adopté des règles d'action qui leur permettent d'officialiser leurs relations avec le secteur privé.

  • L'idée d' inclusion a constitué l'un des thèmes les plus souvent soulevés au FUM3. Les participants ont souligné la nécessité d'aller au-delà de la participation pour parvenir à un processus décisionnel et à une mise en oeuvre des décisions qui soient véritablement fondés sur la contribution active et l'inclusion. Lors de la séance spéciale L'avenir des villes, un représentant des habitants des bidonvilles de l'Inde a fait remarquer que les participants, avec leurs connaissances et leur argent, sont des acteurs essentiels dans la poursuite des OMD. Les femmes, les habitants des bidonvilles, les Autochtones et bien d'autres participants ont tous repris ce message.


    • Lors de la table ronde des femmes, les participantes ont exposé les solutions mises en œuvre dans leurs communautés. « Bien avant qu'on formule les objectifs du Millénaire pour le développement, a dit l'une d'elles, nous atteignions déjà ces objectifs dans ma communauté. Les pauvres sont les experts les mieux qualifiés en matière de pauvreté et l'on doit prendre leur avis en compte si l'on veut améliorer les conditions de vie des citadins pauvres.

    • « Le citoyen sur un vélo de 30 $ est l'égal de celui au volant d'une voiture de 30 000 $ », a déclaré Enrique Penalosa, ancien maire de Bogota.

    • Les jeunes du monde entier cherchent des solutions à toutes sortes de problèmes – environnementaux, économiques, égalité hommes-femmes et leadership – a fait observer Doug Ragan, organisateur du World Youth Forum.

    • Lors de la séance spéciale L'avenir des villes, un habitant des bidonvilles a posé la question suivante : « Que veut-on dire lorsqu'on parle d'une ville sans bidonville? » Il est important d'inclure ceux qui sont concernés par la mise en oeuvre des objectifs du Millénaire pour le développement.

    • Lindiwe Sisulu, ministre du Logement d'Afrique du Sud, dit avoir tiré une leçon du Forum urbain mondial de Barcelone. Elle s'y était rendue pour représenter son pays, où les citadins pauvres constituent 30 % de la population. À Barcelone, on avait contesté son droit de parler en leur nom. Elle est venue à Vancouver prête cette fois à les représenter, ayant au préalable mis en place un partenariat en bonne et due forme avec la Federation of the Urban Poor.

 

 

Retour en haut de la page | Suite page 2


« Tout cela est affaire de réseautage. Une ‘usine à paroles’, disent certains, mais je considère plutôt le Forum comme un mécanisme qui permet de sensibiliser le public et d'obtenir des résultats. »

Anna Tibaijuka
directrice exécutive
d'ONU-HABITAT